Mars Bleu : Rencontre avec Marion LE ROCHAIS, chercheuse financée par le Comité !

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MARS BLEU : MIEUX COMPRENDRE LE RÔLE DU SYSTÈME IMMUNITAIRE DANS LE CANCER COLORECTAL

 

Dans le cadre de Mars Bleu, le Comité d’Ille-et-Vilaine de la Ligue contre le cancer met en lumière les travaux de recherche qu’elle soutient. Rencontre avec Marion LE ROCHAIS, chercheuse engagée dans l’étude du cancer colorectal.

 

UN LABORATOIRE AU CROISEMENT DE L’IMMUNOLOGIE ET DU CANCER

 

Les recherches menées par Marion LE ROCHAIS s’inscrivent dans une approche innovante à l’interface entre maladies auto-immunes et cancer. Son laboratoire s’intéresse plus particulièrement aux lymphocytes B, des cellules clés du système immunitaire.

 

DEUX GRANDS AXES STRUCTURENT CES TRAVAUX :

 

  • un axe fondamental, dédié à la compréhension des mécanismes qui orientent le fonctionnement des lymphocytes B dans les maladies auto-immunes ;
LE ROCHAIS M_
  • un axe translationnel, visant à développer de nouveaux outils pour améliorer l’efficacité des immunothérapies.

 

LES STRUCTURES LYMPHOÏDES TERTIAIRES : UN INDICATEUR CLÉ

 

Au cœur de son projet, la chercheuse s’est intéressée aux structures lymphoïdes tertiaires (SLT), des amas organisés de cellules immunitaires présents dans certains tissus tumoraux.

 

Pendant trois ans, son équipe a étudié ces structures dans le cadre du cancer colorectal. Déjà observées dans plusieurs cancers solides, les SLT sont aujourd’hui considérées comme un indicateur prometteur, car leur présence est corrélée à la survie des patients.

 

UNE ÉTUDE D’ENVERGURE EN BRETAGNE

 

Le choix du cancer colorectal s’appuie notamment sur la richesse des données disponibles en Bretagne, et plus particulièrement à Brest, où un registre des tumeurs digestives existe depuis les années 1980-1990.

 

Ce travail s’appuie sur l’analyse de près de 800 patients opérés entre 2005 et 2021. Cette cohorte importante permet d’établir des liens solides entre les observations biologiques et les données cliniques.

 

La région présente par ailleurs une prévalence élevée de cancers digestifs, liée à plusieurs facteurs :

 

  • des habitudes alimentaires riches en produits d’origine animale ;

 

  • une exposition aux pesticides ;

 

  • des disparités d’accès aux soins et de participation au dépistage.

 

DES TECHNOLOGIES DE POINTE AU SERVICE DE LA RECHERCHE

 

Pour analyser les tissus tumoraux, l’équipe a utilisé une technologie innovante appelée Hyperion. Celle-ci permet d’identifier précisément les types cellulaires présents dans les SLT et d’en caractériser l’organisation.

 

Grâce à ces analyses, trois stades distincts de développement des SLT ont été identifiés. Les chercheurs ont ensuite pu :

 

  • déterminer le nombre de ces structures dans les tumeurs ;

 

  • préciser leur stade de maturation ;

 

  • établir un lien avec la survie des patients et le risque de récidive.

 

En parallèle, la numérisation des lames d’anatomopathologie ouvre de nouvelles perspectives. Désormais, les échantillons peuvent être analysés sur ordinateur avec une précision équivalente au microscope, tout en permettant l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour assister les cliniciens dans leur diagnostic.

 

DES AVANCÉES RENDUES POSSIBLES GRÂCE AU SOUTIEN DE LA LIGUE

 

Le soutien de la Ligue contre le cancer a été déterminant pour mener à bien ce projet. Il a permis d’approfondir la compréhension des structures lymphoïdes tertiaires et de mieux cerner leur rôle dans l’évolution du cancer colorectal.

 

Les résultats sont prometteurs : le lien entre les SLT et la survie des patients étant désormais établi, l’objectif est d’intégrer ce critère dans la pratique médicale. À terme, les anatomopathologistes et les oncologues pourraient s’appuyer sur ces informations pour affiner le diagnostic et adapter les stratégies thérapeutiques.

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