Journée Internationale des Cancers de l’enfant : À la rencontre d’Elie COUSIN

Partager la page

MIEUX COMPRENDRE LES MÉCANISMES QUI PERMETTENT L'APPARITION DU CD9 A LA SURFACE DE LA CELLULE LEUCÉMIQUE

 

 

Nous sommes le 15 février qui marque la Journée Internationale des Cancers de l'enfant, l'occasion de partir à la rencontre d'Elie COUSIN, médecin spécialisé en cancérologie pédiatrique que le Comité finance pour sa thèse.

 

Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Elie-Cousin

Bonjour, je m’appelle Elie COUSIN, je suis médecin, pédiatre spécialisé en cancérologie pédiatrique. J’ai débuté une thèse de sciences en novembre dernier dans le cadre d’un double cursus à l’Institut de Génétique et Développement de Rennes IGDR, au sein de l’équipe Gène, Expression, et Oncogenèse (GEO) dirigée par le Pr GALIBERT sous la direction du Pr GANDEMER (chef de service d’onco-hématopédiatrie au CHU de Rennes) et du Dr MAZURIER. Nous travaillons spécifiquement sur la leucémie aiguë lymphoblastique B de l’enfant et sur les mécanismes cellulaires et moléculaires impliquées dans les rechutes.

 

Le Comité 35 finance actuellement votre thèse de Recherche intitulée « Mécanismes moléculaires impliqués dans les rechutes de leucémies aiguës lymphoblastiques B de l’enfant, rôle des ARN non-codants dans la régulation du gêne CD9 » pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Bien sûr, je tiens à remercier chaleureusement la Ligue contre le cancer, les donateurs et les bénévoles pour leur soutien. La leucémie est le cancer le plus fréquent chez l’enfant. Cette maladie est associée à un bon pronostic, mais 15 à 20% des patients rechutent.

 

Pour mieux comprendre pourquoi certains enfants rechutent d’une leucémie, parfois plusieurs années après la fin du traitement intensif de chimiothérapie, nous sommes en train de constituer une biobanque d’échantillons de moelle osseuse de patients au diagnostic et en cas de rechute pour les comparer et définir les déterminants moléculaires qui mènent à la rechute.

 

Une piste sérieuse, déjà explorée, par l’équipe GEO est celle de la protéine CD9. C’est une protéine présente à la surface de la cellule leucémique au moment de la rechute. Mieux comprendre les mécanismes qui permettent l’apparition du CD9 à la surface de la cellule leucémique est essentielle pour mieux comprendre la rechute, l’anticiper puis l’empêcher.


Quelles sont les conclusions que vous avez pu mettre en évidence ?

 

La présence du CD9 à la surface de la cellule leucémique lui confère une particulière agressivité.
Nous avons pu démontrer que la présence du CD9 permettait à la cellule leucémique de migrer vers des sites sanctuaires comme le système nerveux central ou le testicule.

 

En bloquant l’expression du CD9 à la surface de la cellule leucémique, l’équipe est parvenue à diminuer les capacités de migration des blastes leucémiques. Nous avons aussi pu comprendre que les faibles niveaux d’oxygène présents dans la moelle osseuse notamment favorisaient l’expression du CD9.

 

Avez-vous des perspectives d’évolution sur le sujet ?

 

Oui. Mieux comprendre la régulation de CD9 au sein de la cellule leucémique notamment en évaluant le rôle des ARN non-codant est une piste encourageante. Par exemple, si certains ARN non-codants sont identifiés comme favorisant l’expression du CD9, les inhiber spécifiquement pourrait permettre d’atténuer l’agressivité de la leucémie.


À l’avenir, avez-vous de nouveaux projets d’études autour des cancers de l’enfant ?

 

Oui et toujours dans le domaine de la leucémie. Nous souhaitons développer des stratégies de thérapies ciblées spécifiquement sur des anomalies présentes au sein des cellules leucémiques pédiatriques. Par une approche innovante et originale, nous souhaitons développer de nouveaux médicaments pour compléter l’arsenal thérapeutique disponible pour le traitement des rechutes ou des formes réfractaires de leucémie.

Notre actualité vient à vous

Ne manquez rien de notre actualité : publications, événements, appels à collecte…